Communiqué de la rédaction - Paradoxes
Ce site, crée dans la plus grande confidentialité, reçoit de plus en plus de visites. Le nombre de ses lecteurs quotidiens est passé à plusieurs milliers par jour. Dans le même temps, la matière première de ce blog s'est peu à peu tarie. Les contributeurs n'ont jamais dépassé la vingtaine, même en ces temps d'audience à faire pâlir d'envie Jean-Marc Morandini, le Loic le Meur de Direct 8.
Par contre, nous avons reçu un nombre toujours plus incroyable de "contributions" qui n'en était pas, inexploitables.
Car de manifeste contre le journalisme à deux balles, le journalisme people-isant, le journalisme par le petit bout de la lorgnette, le journalisme-commentaire, nous nous sommes aperçus qu'un nombre non négligeable de nos lecteurs avait pris au premier degré notre initiative, en faisant un agenda mondain.
Au point qu'une délégation japonaise de fans de Johnny Depp et Vanessa Paradis nous a proposé de lui fournir des informations sur le couple objet de son adoration contre espèces. Les Yen n'ayant pas cours rue Guynemer, nous avons décliné la mission.
Dans le même temps, les médias se sont aperçu du micro-phénomène peoplespotting, et délaissant une actualité nationale et internationale toujours aussi peu intéressante (surtout depuis que Cécilia est partie), ont bouclé la boucle en demandant à nous rencontrer. De dénonciation du journalisme, nous devenions sujet. C'était imparable. Le premier qui cite Deleuze est fusillé, même s'il a (encore) cours rue Guynemer.
Sans surprise, la médaille de la branchitude nous a été décernée au même moment par le bien-nommé Syndicat du Hype et par son (fondateur - président - gourou - décapsuleur ?) représentant le plus médiatique, arrivé jusqu'ici. Le piège se refermait, ses deux machoires se refermant concomitamment.
Nous sommes donc "hype", prêts à passer sur TF1, Paris Première ou Canal +. L'arroseur arrosé. Devant tant d'effets indésirables, il est peut-être préférable d'arrêter le traitement.
Nous nous laissons le temps de la réflexion. Le seul avis que nous jugerons bon d'écouter sera celui de celles et ceux qui ont contribué à cette "oeuvre collective" en saisissant le sens.
Georges Abitbol, Rédacteur en Chef (adjoint !)